J’ai souhaité donner la parole à André Mondeguer — qui a exercé en tant que Gestalt-thérapeute et coach professionnel en entreprises durant 20 ans — pour explorer les résonances entre deux chemins : la Gestalt et l’écriture biographique.
À travers cet échange, il met en lumière ce qui se transforme lorsqu’une personne ose mettre des mots sur son vécu, revisiter son histoire et en interroger le sens.
Sans jamais les confondre, ce regard croisé laisse apparaître des points de rencontre précieux : là où l’accompagnement thérapeutique éclaire le mouvement intérieur, et où le récit de vie, mis en mots, en révèle la trace et la cohérence.
Quelques prolongements en italique viennent ponctuer ses réponses, comme un écho discret depuis ma propre pratique de l’écriture biographique.
1) Dans votre pratique de la Gestalt-thérapie, qu’est-ce que vous observez chez les personnes lorsqu’elles commencent à mettre des mots sur leur vécu ?
La personne accompagnée, lors de la rencontre avec son thérapeute, quelle que soit la démarche ou la méthode sur laquelle il va d’ailleurs s’appuyer, va vivre une rencontre avec elle-même. Mais elle ne le comprend en général pas tout de suite, parce qu’elle ne le vit pas encore. Elle est avant tout là pour gérer une problématique, pour libérer des tensions, pour être mieux.
Le thérapeute réunit les conditions pour permettre à la personne de se sentir suffisamment en sécurité pour oser parler d’elle à un tiers. C’est un acte très engageant, y compris dans les silences qui peuvent ponctuer les échanges. Tous les langages — verbal, non verbal, para-verbal, ou toute autre forme d’expression — sont des passages qui mènent à la « révélation » de soi.
Se montrer à l’autre, parler de soi, mettre en mots ses expériences, est une réelle démarche dans laquelle la personne s’engage progressivement, de manière libre, volontaire et autonome.
Le rôle du thérapeute est important dans ce démarrage de l’engagement par la parole, que l’on peut résumer en deux mots : accueillir et soutenir, pour reprendre les termes de Chantal Masquelier dans son ouvrage Comprendre et pratiquer la Gestalt-thérapie.
Mettre en mots son vécu est un acte fondateur : c’est le premier pas qui permet d’entrouvrir « la porte de soi ».
C’est également un acte créateur, par l’exploration des perceptions, des ressentis, des expériences.
Cette mise en mots de son « soi » intime peut être une réelle nouveauté pour la personne.
Je suis toujours ému de vivre ces moments où les individus passent d’une réticence, voire d’une crainte de parler, à un appétit — presque boulimique tant il est vital — de libérer la parole à travers le récit de leurs expériences vécues.
Ce passage est souvent marqué par une libération des tensions, observables physiquement : dans la posture, et en particulier au niveau du visage, où s’installe une forme de détente.
Dans une démarche biographique, cette première mise en mots marque souvent un basculement : ce qui était vécu intérieurement commence à prendre place en dehors de soi, à être déposé dans une forme partageable, avant d’être relu autrement.
2) Pensez-vous que le fait de raconter sa vie et de la relire peut transformer la manière dont une personne se perçoit aujourd’hui ?
Pour répondre à cette question, je voudrais faire appel à une expérience que nous avons tous faite : écouter sa voix par le biais d’un enregistrement. Nous sommes souvent très surpris — et parfois mal à l’aise — de découvrir notre propre voix. Parce que ce n’est pas la même que celle que nous « entendons » lorsque nous parlons.
En réalité, nous ne percevons pas vraiment notre voix : nous ressentons plutôt une vibration acoustique transmise non seulement par l’air, mais aussi par notre corps, à travers nos tissus et notre matière osseuse. Cette vibration est ensuite transformée en un message compréhensible par notre cerveau.
La voix captée de l’extérieur n’est donc pas celle que nous percevons de l’intérieur.
En l’écoutant, nous découvrons ce que les autres entendent de nous. Nous découvrons un résultat qui nous est étranger — une nouveauté sur nous-mêmes.
En lien avec cette analogie, je dirais que raconter sa vie est une opportunité de la « voir » de l’extérieur, en passant par une expérience nouvelle. Une expérience en deux temps : raconter son histoire à un autre, puis lire sa retranscription ajustée, réalisée par le biographe.
Le récit biographique agit comme un miroir qui nous est présenté. Et ce miroir peut être véritablement magique. Il nous dévoile depuis l’extérieur, ce que nous avons vécu de l’intérieur : nos expériences recoloriées par la sensibilité du biographe.
Cette nouvelle « vision de soi » peut être profondément transformatrice. Elle peut conduire à un véritable retournement de conscience — une métanoïa.
Les personnes qui tiennent un journal intime connaissent bien cet effet : à la relecture de certains passages, elles peuvent être surprises — « C’est moi qui ai écrit ça ? ». Elles découvrent alors des facettes d’elles-mêmes sous un regard nouveau.
Le récit et la lecture de sa biographie offrent ainsi une opportunité de percevoir sa vie autrement, et de s’engager plus avant dans un processus de transformation.
3) La biographie invite à relire son passé, tandis que la Gestalt s’ancre dans l’instant présent. Comment percevez-vous ce dialogue entre passé et présent ?
La Gestalt-thérapie est souvent présentée comme une démarche centrée sur « l’ici et maintenant ». À la différence d’autres approches qui cherchent les causes passées, elle s’intéresse à la manière dont une expérience se vit dans le présent.
Cela signifie-t-il que le passé est secondaire ? Pas du tout. Peut-être même au contraire.
Le Gestalt thérapeute reconnaît l’importance des événements passés — y compris traumatiques — mais il accompagne la personne à revenir à ce qui se passe en elle, ici et maintenant, lorsqu’elle les évoque : que ressent-elle, dans son corps, dans ses émotions, dans ses pensées ?
Il s’agit de développer une conscience élargie de son vécu — ce que les gestaltistes appellent l’awareness. Recontacter une expérience passée, non pas dans une rumination sans fin, mais dans une présence consciente à soi, actualisée dans le moment présent.
Nous avons tendance à penser que le passé est derrière nous et qu’il ne peut plus être modifié. Cela est vrai pour les faits. Mais cela ne l’est plus pour la manière dont nous les percevons aujourd’hui.
Donc revisiter un événement, c’est le rencontrer à nouveau, dans une autre conscience.
Vous parlez de dialogue entre passé et présent : il s’agit bien de les relier, sans perdre l’ancrage dans le présent, qui reste la seule dimension sur laquelle nous pouvons agir directement.
Je perçois ainsi le récit biographique comme un « objet médiateur », placé entre le narrateur et son expérience vécue, entre la force de l’expérience et son récit a posteriori, sculpté par le biographe. Celui-ci permet d’explorer un paysage expérientiel, en s’appuyant sur un art de l’écoute et du récit, adapté au narrateur et à ses besoins.
Le récit devient alors un lieu de rencontre entre ce qui a été vécu et ce qui est compris aujourd’hui, offrant au narrateur la possibilité de relier son histoire plutôt que de la subir.
4) Selon vous, en quoi une démarche d’écriture biographique accompagnée pourrait-elle compléter un travail thérapeutique comme la Gestalt ?
Nous l’avons évoqué : la démarche thérapeutique est une démarche de changement, dans laquelle la personne se révèle progressivement à elle-même, en découvrant différentes facettes de son être.
La démarche d’écriture biographique, de son côté, permet de révéler son histoire personnelle, par étapes, à travers la mise en récit guidée par le biographe.
L’une et l’autre convergent vers un même point : la découverte de soi. Elles permettent d’explorer des parties de son histoire, qu’elles soient connues, moins connues ou enfouies.
Leurs intentions sont différentes, mais elles peuvent se rejoindre. Toutes deux contribuent à mettre en conscience et en mots des événements de vie qui ont participé à la construction de la personne.
Il n’est d’ailleurs pas rare que quelqu’un, engagé dans un travail thérapeutique, ressente le besoin de compléter ce chemin par une autre approche, comme une exploration de son histoire de vie.
La biographie ne se substitue pas à un travail thérapeutique : elle offre un autre espace, celui de la mise en forme, de la transmission et de la compréhension sensible d’une trajectoire de vie.
5) Donner du sens à ce qui a été vécu vous semble-t-il essentiel dans un parcours de transformation ?
Je souris à la question que vous me posez, car en ce moment, je lis l’ouvrage de Hubert Reeves L’heure de s’enivrer : l’univers a-t-il un sens ? Il y est question du sens de la destinée de l’univers, au regard de l’extraordinaire complexité de son organisation, de son histoire, et de celle du vivant qui en a émergé — parallèlement, à la folie de l’homme qui détient aujourd’hui les moyens de détruire ce même univers.
La recherche de sens est une faculté inhérente à l’homme. Elle lui a été nécessaire pour évoluer, et elle lui est indispensable pour vivre et poursuivre son chemin. Qu’il s’agisse de l’évolution du monde, de l’humanité ou de notre propre trajectoire : quel est le sens de ce que nous vivons ?
La recherche de sens est étroitement liée à notre conscience. Comment puis-je transformer quelque chose en moi si je n’en ai pas la conscience ? Comment passer de « je ne sais pas que je ne sais pas » à « je sais que je ne sais pas », pour reprendre Socrate ?
Cette recherche agit comme un levier, un élan. Elle ne consiste pas à tout expliquer, mais à se mettre en mouvement. Le mouvement est souvent plus transformateur que le résultat lui-même.
C’est un peu l’état d’esprit du chercheur scientifique : les physiciens qui ont découvert les protons et les neutrons n’ont pas arrêté leur recherche pour autant. Bien au contraire, elle s’est poursuivie avec la découverte des quarks… et elle continue encore aujourd’hui.
Il ne s’agit pas non plus de sombrer dans le « tout expliqué ». Préserver une part de mystère, c’est accepter qu’une dimension nous dépasse et participe à la mise en forme de notre vie.
Dans l’écriture biographique, cette recherche de sens ne vise pas non plus à raconter tous les détails oubliés, mais à éclairer un parcours : relier des événements, faire apparaître des continuités, et permettre au narrateur d’habiter son histoire avec davantage de lucidité.
6) Avez-vous observé que revisiter son histoire pouvait modifier la relation à soi ou aux autres ?
Nous sommes des êtres de langage et de relation. Notre personnalité s’est construite à partir des interrelations que nous avons tissées depuis notre naissance, et même avant.
On retrouve cette dynamique dans différentes approches, comme la psychogénéalogie, les thérapies narratives ou les constellations familiales, chacune apportant un éclairage spécifique.
Revenir sur son histoire c’est remettre dans l’ici et maintenant des événements vécus auparavant. Les évoquer dans le présent nous amène à porter un regard nouveau sur ces expériences.
Il vous est sans doute déjà arrivé, en relisant un écrit ancien, ou en repensant à une parole ou à un geste, d’être surpris : « C’est moi qui ai fait ça ? ». Ces surprises témoignent du chemin parcouru depuis.
Le fait de se replonger dans son histoire participe à notre évolution. Il permet de réactualiser les représentations que nous avons de nous-mêmes, des autres, du monde.
Je pense que la biographie est, sinon une démarche à résonance thérapeutique, du moins une œuvre qui ouvre la porte de l’exploration de soi d’une manière singulière. Et dont le premier auteur n’est pas le biographe, mais bien le narrateur, acteur principal de son histoire.
Le récit biographique devient alors un lieu où ces prises de conscience peuvent se déposer, se structurer et être relues, sans jamais être confisquées au narrateur. Il permet également d’éclairer la manière dont nous entrons en relation avec les autres : en comprenant mieux notre histoire, nos réactions, nos élans ou nos retraits, nous pouvons ajuster notre manière d’être en lien, avec plus d’authenticité, au plus près de la réalité du moment vécu.
7) Qu’est-ce qui, dans votre parcours, vous a convaincu de l’importance de cette mise en sens ?
Ce qui me vient d’emblée, ce sont les répétitions de « non-sens » dans mon propre parcours. Des expériences parfois douloureuses, marquées par des incompréhensions, qui donnaient l’impression d’être passé dans un laminoir : pertes d’énergie, émotions difficiles à contenir, abattement…
Et avec ces questions qui reviennent : qu’est-ce qui fait que je vis ces tempêtes ? Quel est le sens de ces tsunamis intérieurs ?
Ces questions émergent souvent après un relâchement, lorsque les tensions diminuent. C’est là que peut commencer la quête de sens.
Cette quête de sens, telle que je la vis, ne relève pas uniquement d’un processus mental, même s’il est nécessaire de s’appuyer sur ses capacités cognitives pour comprendre ce qui se joue.
Elle s’inscrit dans une dynamique plus globale de vie, une forme d’élan vital qui traverse notre individualité, et qui peut être bousculé par des événements qui nous semblent insensés.
Et pourtant, avec le recul et le discernement nécessaires pour amorcer ce mouvement de résilience, certaines épreuves prennent du sens et apparaissent comme des étapes d’un parcours d’apprentissage personnel.
Je pense notamment à la souffrance. Elle n’est ni souhaitée ni souhaitable. Mais lorsqu’elle s’installe, elle nous pousse à comprendre, à nous rapprocher de nous-mêmes.
En revenant à mon histoire de naissance, j’ai éclairé un paradoxe en réalisant qu’elle avait été marquée par une double séparation : celle de la naissance elle-même, et celle d’avec ma mère, qui n’a pas pu s’occuper de moi dans les premiers temps. J’ai été confié à des proches, ce qui a inscrit en moi cette tension entre lien, ce besoin profond de relation et solitude, un exil nécessaire à mon équilibre
Le corps détient des informations précieuses pour comprendre le sens de nos souffrances. Rechercher ce sens consiste d’abord à les rencontrer, à les explorer finement. Se mettre en contact avec sa souffrance, c’est se rapprocher de soi, intimement ; c’est retrouver une sorte d’unité avec ce qui nous affecte.
Car lorsque nous souffrons, nous vivons souvent une agitation mentale qui nous divise : ruminations, difficulté à décider, angoisses…
Aujourd’hui, quand je reconnais ce mouvement en moi, je peux en prendre soin, sans le rejeter ni m’y perdre.
J’apprécie cet aphorisme tiré de Dialogue avec l’Ange de Gitta Mallasz :
« Accueille la souffrance comme le messager du ciel, mais laisse-le partir s’il le veut ».
Appréhender le sens de mon histoire, c’est orienter en conscience mon futur.
Dans le texte biographique, ce travail de mise en sens permet aussi d’aborder différemment ce qui se présente à nouveau : reconnaître une tempête qui revient, la traverser avec plus de justesse, l’éclairer avec le recul acquis — et parfois même en éviter la répétition inutile. Ce sens n’est pas forcément provoqué : il se dessine souvent naturellement, à mesure que le récit se déploie, simplement en ordonnant ce qui se raconte et en laissant apparaître ce que la narration met en lumière.
8) Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se pencher sur son histoire de vie ?
Je lui dirais d’abord d’accueillir cette hésitation comme un signe de bonne santé.
Quoi de plus naturel, face à une décision importante, que de chercher un équilibre avant de s’engager ? Explorer son histoire de vie n’est pas un geste anodin. Il soulève des questions essentielles : qu’est-ce que je gagne à le faire ? qu’est-ce que je risque d’y rencontrer ? et à l’inverse, qu’est-ce que je perds en ne le faisant pas ?
Dans le langage des professionnels de la relation d’aide, il est souvent décelé qu’une résistance cache une insistance. Autrement dit, ce qui freine peut aussi indiquer qu’il y a, en profondeur, quelque chose qui appelle à être exploré. La résistance devient alors un repère précieux : elle ne dit pas seulement “non”, elle signale aussi qu’un mouvement est peut-être en train de naître.
Notre corps, d’ailleurs, est souvent un allié fidèle. Il perçoit bien avant nous les prémices d’un désir de changement. Cette sensation intérieure, parfois discrète, parfois insistante, peut ressembler à une vague qui revient, qui questionne, qui invite. Elle peut nous aider à choisir le chemin qui nous correspond le mieux.
Ce moment d’hésitation est aussi un moment de crise, au sens étymologique du terme : un moment de séparation, où une décision vient clarifier une direction. Comme le rappelle Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Oser, c’est accepter de traverser cet inconfort, le temps que la décision se forme.
J’aime partager une expérience personnelle à ce sujet. J’ai appris à nager tardivement. J’étais à la fois très attiré par l’eau et profondément freiné à l’idée d’y entrer. Finalement, je me suis jeté à l’eau — au sens propre — non sans difficulté, et même en frôlant la noyade. Aujourd’hui encore, malgré une certaine maladresse, je prends du plaisir à nager. Cette expérience me rappelle que l’élan et la peur peuvent coexister, et que c’est parfois en acceptant cette tension que quelque chose de nouveau devient possible.
À la personne qui hésite, je dirais enfin que se pencher sur son histoire, c’est avant tout accepter un rendez-vous avec soi-même. Un rendez-vous singulier, qui dépasse largement le simple fait d’écrire un livre. Et si le doute est présent, il peut être partagé. Le biographe est aussi là pour accueillir ces questions, ces hésitations, et accompagner chacun à son rythme.
Avant de dire oui à la co-écriture biographique, l’hésitation fait pleinement partie du chemin. Lorsqu’elle sera déposée, accueillie, elle deviendra le premier pas vers un récit qui commence à émerger.
9) En quoi la posture du thérapeute peut-elle éclairer celle du biographe ?
La posture du thérapeute repose sur une qualité de présence particulière : une écoute attentive, une capacité à accueillir sans juger, à suspendre ses interprétations pour laisser émerger l’expérience de l’autre.
Cette attitude peut éclairer celle du biographe. Car accompagner un récit de vie demande également de recevoir une parole sans la déformer, de rester au plus près de ce qui est exprimé.
Cela suppose de l’empathie, mais aussi une forme de retenue : être touché, sans se substituer. Comprendre, sans projeter.
Le thérapeute s’appuie souvent sur cette capacité à percevoir, au-delà des mots, ce qui se joue pour la personne. À proposer, avec précaution, des mises en mots qui résonnent pour elle.
On retrouve ici deux dimensions essentielles : l’empathie et la compassion — l’une permettant d’entrer en résonance, l’autre d’accompagner un mouvement.
Dans ces moments de rencontre, quelque chose de très profond peut se jouer, parfois au-delà des mots. Une expérience qui touche à l’intime, au sensible, voire au mystère de l’autre.
Peut-être est-ce là un point de rencontre entre ces deux postures : offrir un espace où une parole peut se dire, être entendue, et trouver une forme.
Et pour le dire avec humour : « Si la vie est bien thérapeutique, nous ne sommes cependant pas en thérapie toute notre vie ! »
Le biographe adopte, lui aussi, une posture de qualité de présence. Elle devient alors une écoute au service du récit : permettre à une histoire d’être mise en forme, sans jamais que le biographe ne se confonde avec celui qui la porte. Il est toutefois essentiel de rappeler qu’il n’est pas thérapeute. Son rôle n’est pas de soigner, mais d’accompagner la mise en récit d’une vie.
